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« Il vaut mieux tenir que courir » — et si cette phrase ne vous appartenait pas ?

Par Kheira Bentaouza — Formatrice, Maître-Praticienne en PNL

Il y a des phrases qui bercent notre enfance sans qu'on leur prête vraiment attention. Des phrases qu'on entend au détour d'un repas de famille, glissées entre deux plats, prononcées avec la conviction tranquille de ceux qui ont vécu. Des phrases qui semblent anodines, presque sages. Et pourtant.

« Il vaut mieux tenir que courir. »

Cette phrase-là, je l'ai entendue des centaines de fois. Elle m'a accompagnée comme une vieille compagne de route, discrète mais tenace. Et pendant longtemps, j'ai cru qu'elle était mienne. Qu'elle disait quelque chose de vrai sur moi, sur ma nature profonde.

Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris : cette phrase ne m'appartenait pas. Elle venait d'ailleurs. D'une histoire qui n'était pas la mienne. D'une peur qui avait traversé les générations pour venir se loger, silencieusement, au cœur de mes décisions les plus intimes.

Une croyance héritée, pas une vérité

Les croyances limitantes ne tombent pas du ciel. Elles naissent dans un contexte précis — une époque, une géographie, une expérience collective. « Il vaut mieux tenir que courir » est souvent issue d'un passé de pénurie ou d'instabilité : guerres, famines, chômage, insécurité. Les générations qui ont connu le manque ont appris à se contenter de peu, à ne pas prendre de risques, car tout pouvait s'effondrer du jour au lendemain.

C'est une stratégie de survie. Une sagesse née de la nécessité. Elle a protégé nos ancêtres. Elle leur a permis de traverser des épreuves que nous ne pouvons même pas imaginer.

Mais voilà le paradoxe : ce qui a sauvé une génération peut entraver la suivante.

Aujourd'hui, cette même croyance peut se traduire ainsi :

  • On n'ose plus changer de travail même s'il ne nous convient plus

  • On évite les projets ambitieux ("mieux vaut ne pas tenter, je pourrais échouer")

  • On développe un rapport anxieux à l'incertitude, comme si chaque changement était une menace

Le jour où mon corps a parlé

En 2013, j'ai décidé de prendre un congé sabbatique pour créer mon auto-entreprise de formation. Une décision mûrement réfléchie, profondément désirée. Et pourtant.

À peine avais-je franchi le pas que j'ai souffert d'une capsulite rétractile — une inflammation douloureuse de l'épaule qui a réduit considérablement ma capacité à bouger, nécessitant six mois de rééducation.

Mon corps m'envoyait un message. Comme s'il y avait, quelque part en moi, une alarme intérieure qui se déclenchait : "Alerte, alerte, insécurité en vue."

C'est le processus de contre-identification que les psychologues décrivent si bien : lorsqu'on tente de s'éloigner d'une croyance familiale profondément ancrée, quelque chose en nous résiste, se crispe, se contracte. Le corps devient le porte-parole de ce que le mental n'ose pas encore accepter.

La PNL comme outil de transformation

C'est grâce à un travail approfondi sur mes racines, mes croyances héritées, que j'ai pu faire la paix avec cette injonction. Non pas la rejeter — car elle portait aussi une intention positive : rester en sécurité, ne pas se disperser — mais la transformer.

La PNL nous enseigne que derrière chaque croyance limitante se cache une intention positive. La question n'est pas de supprimer la croyance, mais de comprendre ce qu'elle cherchait à nous protéger, puis de choisir consciemment une nouvelle façon d'honorer ce besoin.

J'ai ainsi choisi de transformer mon héritage en quelque chose qui m'appartient vraiment :

« Je cours pour mieux tenir mes objectifs. »

Même structure. Même énergie. Mais une direction nouvelle, choisie, libre.

Et vous ?

Quelle est la phrase typique de votre famille ? Celle qu'on répétait à table, dans les moments de doute, dans les passages difficiles ?

"Chez nous, on ne se plaint pas." "L'argent ne fait pas le bonheur." "Sois raisonnable." "Il faut souffrir pour réussir."

Je vous invite à prendre un moment pour l'écrire. Puis à vous demander : d'où vient-elle vraiment ? Quelle histoire, quelle peur, quelle époque porte-t-elle ?

Et enfin : est-ce qu'elle vous sert encore aujourd'hui ? Ou est-il temps de la transformer ?

Kheira Bentaouza est formatrice indépendante, cadre formatrice à la Croix-Rouge Française et Maître-Praticienne en PNL. Elle accompagne les professionnels du social, médico-social et de la relation d'aide à explorer les dynamiques transgénérationnelles qui influencent leur posture professionnelle.

Moi au sein de mon Arbre
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